L’épisode de froid intense qui s’abat actuellement sur la France impose une pause salutaire à la chasse de la bécasse des bois (Scolopax rusticola). Plus qu’une simple recommandation de prudence, il s’agit d’un choix éthique et responsable, dicté par l’état de vulnérabilité extrême de la "Mordorée".
Un sol verrouillé, un garde-manger vide
Le problème est mécanique : lorsque les températures chutent durablement, le sol gèle en surface. La bécasse, qui utilise son long bec sensible pour sonder l'humus à la recherche de vers de terre, se retrouve face à un sol dur comme du béton. Son alimentation devient inaccessible. L’oiseau s’épuise alors à chercher de quoi survivre, puisant dangereusement dans des réserves énergétiques déjà limitées.
Dans ces conditions, chaque envol forcé provoqué par un chien ou un chasseur est dramatique. Il oblige l'oiseau à brûler des calories qu'il ne pourra pas remplacer, augmentant considérablement le risque de mortalité naturelle.
À lire aussi : Peste Porcine Africaine : le virus persiste à 150 km des frontières françaises
Protéger vos chiens du froid
Si la faune sauvage souffre, l'organisme de vos auxiliaires est aussi mis à rude épreuve par ces températures négatives. Même au repos, un chien vivant en extérieur brûle énormément d'énergie pour maintenir sa température corporelle.
En cette période de gel, l'habitat est primordial. Sur France-Chasse.com, nous vous conseillons de vérifier l'isolation de vos installations. L'utilisation de Chenils et niches pour chiens adaptés et bien isolés est indispensable pour permettre à vos compagnons de récupérer sans s'épuiser à lutter contre le froid.
Une question d'éthique et d'image
Tirer une bécasse affaiblie, incapable de se défendre normalement, n’a rien de comparable avec un prélèvement réalisé en conditions régulières. C'est un acte de prédation disproportionné sur une population en souffrance.
De nombreuses fédérations rappellent que la chasse doit savoir s’arrêter lorsque la nature est en difficulté. Respecter ces périodes de gel (parfois via le dispositif PMA ou des arrêtés de suspension) est un message fort envoyé au grand public. Cela prouve que les chasseurs sont des gestionnaires capables de placer le respect du vivant au-dessus de la recherche du tableau.
Laisser la bécasse tranquille aujourd'hui, c'est s'assurer de la retrouver, vive et combative, lors des prochaines saisons.