La Fédération de pêche de l’Aude a obtenu gain de cause, non pas par la force, mais par la preuve. Après des mois de demandes et quatre années d’investigations, la préfecture a signé le 22 décembre 2025 un arrêté autorisant le tir de 200 grands cormorans. Une décision motivée par la protection urgente des populations piscicoles.
L'analyse des estomacs ne ment pas
Pour obtenir cette dérogation, les pêcheurs ne se sont pas présentés les mains vides. Entre 2020 et 2024, la Fédération a participé à un protocole scientifique national rigoureux. La méthode ? Analyser le contenu stomacal des oiseaux pour savoir précisément ce qu'ils mangent, au gramme près.
Les résultats de l'étude sont édifiants : 80 % de la population d’ombres communs a disparu entre 2022 et 2024, finissant directement dans le gosier des cormorans. La truite fario et le spirlin figurent également en bonne place au menu de ce redoutable prédateur. David Fernandez, président de la Fédération de pêche de l’Aude, précise même que le quota aurait pu être plus élevé, grimpant théoriquement à 375 individus sur les 1 869 recensés dans le département.
Munitions : attention à la zone humide
Si la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) conteste la mesure, invoquant la sécheresse et la pollution comme causes principales, l'État a tranché en faveur des données biologiques fournies par les pêcheurs. Les opérations de régulation ont débuté dès le 22 décembre. Elles sont strictement encadrées : chaque prélèvement doit être déclaré sous 72 heures via une application dédiée.