C'est un seuil psychologique et économique qui vient d'être franchi en Haute-Marne. Ce département de plaine, qui pensait être épargné par la pression massive connue dans les Alpes, se réveille avec la gueule de bois : 800 brebis ont été tuées ou ont dû être abattues suite à des attaques en 2025.
Ce bilan catastrophique, ponctué par près de 200 attaques en douze mois, fait de ce territoire le nouveau point chaud du conflit loup/élevage en France.
Une démographie galopante
Comment la situation a-t-elle pu dégénérer aussi vite ? L'explication est mathématique. Fin 2024, l'OFB ne recensait qu'un couple dispersé entre Poissons et le Bassigny. Mais la nature a fait son œuvre : la naissance de 7 louveteaux en avril 2025 a transformé un problème isolé en une meute organisée de 9 prédateurs affamés. La faune sauvage en paie aussi le prix fort. Les chasseurs locaux rapportent une baisse significative des densités de gibier dans les massifs concernés, signe que la meute prélève lourdement pour se nourrir.
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Chasseurs : protégez vos chiens
La présence d'une meute territoriale change radicalement la pratique de la chasse, notamment aux chiens courants. Le risque de "rencontre" au fond d'un fourré n'est plus théorique. Face à plusieurs loups défendant leur zone, un chien isolé est en danger de mort immédiate.
La sécurité de nos auxiliaires doit devenir une priorité absolue dans ces secteurs. Sur France-Chasse.com, nous recommandons impérativement l'usage de Gilets de protection pour chiens. Conçus initialement contre les sangliers, ces gilets en fibres techniques (type Kevlar) offrent une barrière résistante aux morsures qui peut laisser le temps aux maîtres d'intervenir pour sauver leur compagnon.
L'agriculture en deuil
Sur le terrain agricole, le désarroi a laissé place à la colère. Veaux, poulains, poneys : rien ne semble arrêter les attaques, malgré les clôtures et les Patous. Le symbole de cette crise est cet éleveur d'Is-en-Bassigny, qui jette l'éponge après avoir subi 40 attaques et perdu 200 bêtes.
Si la ministre de l'Agriculture a promis de se rendre sur place début 2026 suite au carnage de Noël, les éleveurs haut-marnais attendent désormais des moyens de défense efficaces plutôt que des visites protocolaires.