L'arrivée d'Anne Le Strat à la direction déléguée de l'Office Français de la Biodiversité fait grincer des dents dans les campagnes françaises. Pour les agriculteurs comme pour les chasseurs, ce choix est perçu comme une provocation supplémentaire dans un climat déjà extrêmement tendu avec l'organisme d'État.
Un profil militant qui inquiète les campagnes
Nommée directrice déléguée chargée de la « mobilisation de la société », Anne Le Strat affiche un CV qui ne rassure personne en milieu rural. Ancienne adjointe de Bertrand Delanoë à Paris et ex-membre des Verts, elle est surtout connue pour ses positions tranchées :
Proximité avec la désobéissance civile : Elle a participé en juillet 2023 à une conférence d’Extinction Rebellion, mouvement écologiste radical.
Hostilité envers l'agriculture : Elle s'est ouvertement attaquée à l’agriculture « productiviste » et a qualifié les mégabassines de dispositifs « absolument pas soutenables ».
Pour de nombreux ruraux, cette nomination prouve que le gouvernement a définitivement choisi son camp, installant une figure ouvertement hostile aux pratiques traditionnelles à la tête de la « police de l'environnement ».
Chasseurs et agriculteurs face à une « police » musclée
Cette décision intervient alors que l'image de l'OFB est déjà fortement dégradée sur le terrain. Les griefs s'accumulent :
- Dérapages verbaux : Début 2025, un agent de l'Office avait comparé les agriculteurs à des « dealers » sur une radio nationale.
- Méthodes de contrôle : Des voix, dont celle de François Bayrou, se sont élevées contre les contrôles armés dans les exploitations, vécus comme des agressions.
- Pression sur les chasseurs : Les contrôles jugés trop musclés lors des battues renforcent le sentiment d'un organisme qui cherche à « discipliner » plutôt qu'à accompagner.
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Garder le cap malgré la pression
Face à cette "verticalité" de l'écologie d'État, les chasseurs n'ont d'autre choix que de rester présents et exemplaires sur leurs territoires. Si les décisions se prennent dans les bureaux parisiens, la réalité de la biodiversité se gère sur le terrain, dans la boue et sous la pluie.
La nomination d'Anne Le Strat risque de monopoliser les débats lors de la réunion de l’Observatoire du déclin agricole, prévue le 2 février au Sénat. Le monde rural y attendra des réponses claires sur la place que l'État compte réellement lui accorder.