"Côtes-d'Armor : "On arrête tout !" Les chasseurs posent un ultimatum face à la flambée des taxes"
FranceCe qui devait être une contribution solidaire pour indemniser les agriculteurs, est en train de devenir le détonateur d'une fronde sans précédent. Dans le pays de Lannion (Côtes-d’Armor), les chasseurs bénévoles ont l'impression d'être pris pour des vaches à lait, et ils sont prêts à employer la manière forte pour se faire entendre.
+60 % sur la facture, le silence radio en prime
Le cas de la société de chasse de Trégrom est l'étincelle qui a mis le feu à la plaine. Hervé Garlantezec, son président, a vu la note de son territoire (921 hectares) bondir de 619 euros à près de 1 000 euros en une seule saison. Une hausse brutale de plus de 60 %, justifiée par un mode de calcul que les locaux jugent totalement opaque.
Le pire ? Le mépris administratif. Les courriers de contestation envoyés à la Fédération départementale restent lettre morte. Pour ces hommes et ces femmes qui sacrifient leurs week-ends pour réguler la bête noire et protéger les cultures, devoir payer toujours plus cher pour rendre service à la collectivité est la pilule de trop.
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L'ultimatum : Le boycott pur et simple des prélèvements
Face à ce mur, les sociétés du "Pays 12" (Lannion, Plestin-les-Grèves, Tonquédec, Louannec...) ont décidé de frapper là où ça fait mal. Le chantage est posé sur la table : si cette taxe n'est pas annulée, elles cesseront d'acheter les bracelets sangliers et stopperont net les prélèvements. Mieux encore, elles menacent de boycotter le prochain vote du budget fédéral.
Une "grève de la traque" qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l'explosion des dégâts agricoles dans les mois à venir.
Jeudi soir : L'heure de vérité
L'épreuve de force se jouera ce jeudi 12 février à 18 h 30, à la salle du menhir de Saint-Eloi à Louargat. Une pétition y sera signée, avec un objectif de 50 signatures minimum pour forcer les instances fédérales à sortir de leur silence. La balle est désormais dans le camp de la Fédération : ouvrir le dialogue, ou prendre le risque de voir les sangliers proliférer sans aucun contrôle dans le Trégor.