"Nord : 100 chasseurs et 70 chiens mobilisés ce week-end pour déloger les sangliers du miscanthus"
FranceQuand la bête noire décide de coloniser les cultures pour y faire sa loi, le monde de la chasse est le seul à pouvoir répondre présent. Ce samedi 14 mars, une opération de régulation d'une ampleur exceptionnelle s'est déroulée dans le département du Nord, entre les communes de Merville et Vieux-Berquin. L'objectif de cette battue administrative XXL ? Déloger une immense compagnie de sangliers qui a trouvé refuge dans une véritable forteresse végétale : le miscanthus.
Le miscanthus, une forteresse impénétrable pour la faune
Le secteur de Caudescure faisait face à une bombe à retardement écologique et agricole. Selon le lieutenant de louveterie en charge de la zone, les sangliers ont progressivement quitté la forêt voisine de Nieppe pour prendre leurs quartiers d'hiver dans les parcelles de miscanthus. Cette graminée géante (souvent appelée herbe à éléphant) offre un couvert végétal quasi impénétrable, constituant un repaire parfait pour les suidés.
Les conséquences de cette sédentarisation ne se sont pas fait attendre. Les autorités ont rapidement constaté des dégâts majeurs dans les champs cultivés et les pâtures environnantes, auxquels s'ajoutent déjà deux accidents de la circulation. Lors des comptages nocturnes en plaine, une cinquantaine d'individus ont été observés, mais les experts estiment la population réelle à près de quatre-vingts animaux. Pire encore : les laies y ont déjà mis bas. Sans intervention, ce cheptel menaçait de doubler, voire de tripler d'ici l'été, lorsque les plants de miscanthus atteindront un mètre de haut.
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Un dispositif XXL pour anticiper la crise
Pour faire face à ce défi, la Fédération des Chasseurs du Nord (FDC 59) n'a pas fait dans la demi-mesure. Samedi, ce sont pas moins de cent fusils et traqueurs qui ont été mobilisés, épaulés par une meute impressionnante de soixante-dix chiens pour réussir à percer l'épaisseur des cultures. Fait notable, des archers ont également été intégrés au dispositif pour sécuriser certaines zones sensibles avec des tirs silencieux et fichants.
Interrogé par nos confrères de La Voix du Nord, Simon Régin, le président de la Fédération, a souligné le caractère inédit et préventif de l'événement : « Une battue comme celle-ci n’a jamais eu lieu. Il est important d’agir en partenariat avec le monde agricole avant de perdre la main. »
Une telle armada exigeait une sécurité irréprochable. Durant toute la journée de samedi, la vitesse sur les voies communales traversant la zone de traque a été abaissée à 30 km/h. Des véhicules signaleurs et une signalétique renforcée ont été déployés par les chasseurs pour prévenir les automobilistes. Une démonstration de force et d'organisation qui prouve, une fois de plus, que les chasseurs sont le bras armé indispensable de la gestion des territoires ruraux.
Questions fréquentes
Pourquoi les sangliers aiment-ils se cacher dans le miscanthus ? Le miscanthus (ou herbe à éléphant) est une culture pérenne qui pousse en touffes très denses et peut atteindre plusieurs mètres de haut. Il offre aux sangliers un abri thermique exceptionnel, une protection totale contre les regards extérieurs, et un milieu sec idéal pour que les laies (femelles) puissent faire leurs "chaudrons" et mettre bas en toute sécurité.
Qu'est-ce qu'une battue administrative ? Contrairement à une action de chasse de loisir, la battue administrative est ordonnée par le Préfet (représentant de l'État) pour des motifs d'intérêt général : sécurité publique, risque sanitaire ou dégâts agricoles insoutenables. Elle est encadrée par un Lieutenant de louveterie, qui réquisitionne des chasseurs locaux pour mener à bien cette mission de régulation.
Quel est le rôle des archers dans une battue aux sangliers ? La chasse à l'arc est une pratique légale, silencieuse et particulièrement sécurisante. La portée létale d'une flèche étant très courte, l'archer tire à très faible distance (souvent moins de 15 mètres) avec un angle obligatoirement très plongeant (fichant). Ils sont particulièrement utiles dans des zones denses ou périurbaines où l'usage d'armes à feu traditionnelles pourrait présenter un risque.